
Une femme d'une soixantaine d'années s'est présentée jeudi matin au commissariat de Melun et a été placée en garde à vue après avoir reconnu être la conductrice en fuite ayant fauché une fillette de sept ans mercredi après-midi à Savigny-le-Temple, en Seine-et-Marne.
La fillette a été renversée par une Citroën Picasso grise alors qu'elle faisait du skate-board dans une rue d'un quartier pavillonnaire de la ville, et est décédée des suites de ses blessures. Cette femme doit être confrontée dans la journée au témoin ayant donné mercredi le signalement de la chauffarde.
Vitesse normale
Selon les témoignages recueillis sur place par la police, la conductrice était présentée comme "une jeune femme d'environ 35 ans aux cheveux courts, blonds, avec des mèches", circulant à bord d'une Citroën Picasso grise immatriculée dans le "77"(Seine-et-Marne). Elle roulait apparemment à vitesse normale, mais "c'est un quartier où les gamins jouent facilement dans la rue", selon une source policière.
La brigade accident du commissariat de Melun avait lancé un appel à témoins dans la presse locale. Une femme semblant correspondre au signalement avait été interpellée mercredi soir, avant d'être libérée après avoir été confrontée aux témoins

Publié le: 24 novembre 2005
“Je n’ai jamais vu des voitures dans un état pareil”. Ce pompier expérimenté est sous le choc comme toutes les personnes qui sont intervenues sur les lieux de l’accident qui a coûté la vie à trois personnes mardi en fin d’après-midi à Gamaches.
L’état de deux des trois véhicules en cause dans cet accident témoigne de l’extrême violence du choc qui s’est déroulé rue Charles De Gaulle entre l’intersection de la rue Jacquard et le garage Peugeot. Il était environ 18h30 lorsqu’une Citroen Picasso grise qui venait de la direction de Beauchamps a heurté de plein fouet une Fiat Brava qui circulait en sens inverse. Sous l’impact du choc, la Fiat Brava est projetée en arrière de plusieurs mètres et va s’immobiliser de l’autre côté de la rue contre un arbre. La Picasso immobilisée au milieu de la chaussée est percutée par une Renault Mégane dont le conducteur ne peut éviter le choc.
Pour les premiers témoins, c’est une vision d’horreur. La Picasso et la Fiat Brava sont pulvérisées. Immédiatement un important dispositif de secours est dépêché sur place. Les pompiers de Gamaches, renforcés par ceux de la ville d’Eu, de St Valery/Somme, d’Abbeville, placés sous le commandement du capitaine Chatet d’Amiens, vont tenter de porter secours aux victimes. Pour le conducteur de la Picasso, il est trop tard. Il est mort sur le coup. Les sapeurs-pompiers mettront plus de deux heures pour extraire son passager de l’amas de tôle. Malheureusement celui-ci décèdera dans la nuit à l’hôpital d’Abbeville. Dans la Fiat Brava , la conductrice Mme Valérie Porrez est dans le coma. Elle est tout d’abord transportée à l’hôpital d’Abbeville avant d’être transférée à Amiens où elle décèdera peu après son arrivée. Sa fillette de 9 ans est légèrement blessée. Le conducteur de la Renault Mégane est indemne mais extrêment choqué.
Sur les lieux de l’accident, un important dispositif de gendarmerie placé sous le commandement du capitaine Feray, commandant la compagnie d’Abbeville procédait aux premières constatations et tentait de comprendre la genèse de ce drame. Un accidentologue d’Amiens était requis pour procéder à toutes les mesures et investigations qui permettront de mieux comprendre cet accident. Mais pour le capitaine Feray, il ne faisait aucun doute que la vitesse était la cause première de cet accident. Impression confirmée par le témoignage d’un routier qui circulait dans le sens Beauchamps - Gamaches et qui nous confiait : “La voiture grise m’a doublé comme un vrai cinglé. Je n’ai pas vu l’accident se faire mais quand je suis arrivé sur les lieux quelques secondes plus tard, je n’ai pas été surpris, j’ai compris que c’était elle”.
Cet accident a jeté la consternation à Gamaches. Valérie Porrez travaillait comme responsable de caisse au magasin Intermarché de Gamaches où elle était unanimement appréciée par ses collègues et la clientèle pour sa gentillesse. Valérie Porrez était mariée et maman de deux jeunes filles. La route et l’imprudence, l’inconscience sans doute d’un autre conducteur lui ont ôté la vie comme elles ont ôté la vie du conducteur et du passager de la Picasso. Pour ces derniers, la gendarmerie ne disposait pas, au moment où nous mettions sous presse, de certitude absolue quant à leur identité. Il s’agirait de deux hommes âgés d’une cinquantaine d’années qui pourraient être originaires de la région de Beauvais.
Mercredi, le capitaine Feray ne cachait pas sa colère : “Trois morts dans un accident en ville, c’est inimaginable, c’est inconcevable. L’accident s’est produit à l’endroit où la Brigade Motorisée installe régulièrement son radar et malheureusement ces mesures ne suffisent pas. Nous attendrons les conclusions de l’accidentologue ainsi que les résultats des analyses de sang pour déterminer si l’alcool ou des stupéfiants doivent également être incriminés mais c’est certain, la vitesse est la principale cause de cet accident et explique l’état dans lequel ont été retrouvés les deux véhicules impliqués dans le premier choc”.
Un constat amer, brutal, pour quelques secondes gagnées sur la route, ce sont trois vies qui ont été ôtées, des enfants orphelines, des familles détruites.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire