mardi 12 juin 2007
Autiste Artiste Associat contre Administration Picasso
lundi 11 juin 2007
vendredi 8 juin 2007
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vendredi 1 juin 2007
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A Manéhouville, l'an dernier,
elle avait perdu le contrôle de sa Picasso
L'automobiliste nie sa responsabilité
dans l'accident mortel
Homicide et blessures involontaires et non-maîtrise d’un véhicule. C’est pour ces faits que comparaissait une Dieppoise de 43 ans devant le tribunal de Dieppe mardi après-midi. Mais c’est sans émotion apparente que Véronique s’est présentée à la barre.
Un comportement qui a stupéfié les magistrats. Pourtant, les faits et sa responsabilité ne sont pas contestables selon le juge et même selon sa propre avocate au vu des constatations de l’enquête de gendarmerie et des témoignages recueillis après l’accident.
Ce 3 juillet 2003 à 16h30, alors qu’elle revenait de son travail, cette ouvrière spécialisée a emprunté la RN 27. A la sortie de la 2 X 2 voies, à Manéhouville, alors qu’à bord de sa Xsara Picasso grise elle abordait le virage en haut de la côte, elle a mordu la ligne blanche. Son véhicule a quitté sa voie de circulation et est allé percuter une première voiture qui arrivait en face.
Dans ce Renault Espace, un couple et leur fils de 16 ans ont vu foncer sur eux la Xsara Picasso. Le coup de volant donné par l’automobiliste ne suffira pourtant pas à éviter la collision. La voiture de Véronique les percute au niveau des portières gauches.
Trois tonneaux
L’Espace part alors en tonneaux. Au troisième, ce dernier atterrit sur un autre Espace, stationné sur une aire de repos. Dans ce dernier, Jérôme qui a entendu le choc se retourne et ne voit que le dessous d’une voiture qui lui retombe dessus.
Pendant ce temps, la Picasso continue sa course dans un nouveau véhicule, une Opel, conduite par Florence, 38 ans, qui monte la côte. La collision lui sera fatale. Elle décède dans sa voiture.
Véronique, elle, est emprisonnée dans la sienne, le pied broyé par la pédale, la rate et le foie touchés. Les sauveteurs mettront près d’une heure pour l’extraire des tôles et elle sera transportée à l’hôpital par hélicoptère. Les occupants des deux Renault Espace sont également blessés, mais ils échappent au pire par le plus grand des miracles.
Malgré le rappel des faits par le président du tribunal, Véronique est formelle: « Je n’ai pas quitté ma voie de circulation. J’ai juste entendu un choc. Et après je ne me souviens plus », raconte-t-elle. « Vous avez eu une perte de l’attention? » lui demande le juge Dupray. « Pas du tout », lui rétorque la prévenue. « Vous avez déjà eu des pertes de connaissances? », lui demande-t-il, lui tendant ainsi une nouvelle perche. « Non », répond-elle. « Il faut prendre des mesures sérieuses pour vous empêcher de conduire si vous ne comprenez pas ce qui est arrivé », lui lance énervé le juge.
Absence de compassion
A aucun moment, la prévenue n’a eu un mot de compassion pour les proches de la victime ou pour les blessés. Alors c’est son avocate maître Lavanant qui l’a fait pour elle au début de sa plaidoirie. « J’ai une pensée pour la défunte », commence-t-elle.
Expliquant ensuite qu’elle s’est sentie mal à l’aise dans ce dossier. Qu’elle ne se désolidarise pas de sa cliente mais ne plaidera pas la relaxe. Bref « il ne faut pas faire l’autruche, il y a des évidences qu’il faut reconnaître ».
Elle a alors tenté d’expliquer que sa cliente, même si elle ne voulait pas le reconnaître, avait sûrement fait un petit malaise. « Elle est soignée pour du diabète. Elle a dû avoir un blanc. Une petite absence de quelques secondes qui cause l’irréparable quand vous êtes au volant », explique-t-elle.
Diabète en lien avec une maladie génétique. Elle explique que sa cliente a été « gravement touchée dans la collision. Elle est comme elle est, brute de coffre. Mais depuis l’accident elle souffre psychologiquement, elle fait des cauchemars et elle a été punie dans sa chair », poursuit-elle, demandant seulement que sa cliente conserve son permis de conduire pour pouvoir continuer de travailler.
Annulation du permis
Pour leur part, les avocats des parties civiles ont demandé des dommages et intérêts, notamment pour les deux enfants de la victime âgés au moment des faits de 11 et 17 ans.
Le procureur de la République a réclamé à l’encontre de Véronique dix mois de prison avec sursis et l’annulation du permis de conduire avec interdiction d’en solliciter un nouveau avant un an.
Le jugement a été mis en délibéré au 5 août prochain.












